L'ego démesuré de feu le personnage M.W.
A la rescousse d'Emmanuel Kant (version corrigée)
Sat Dec 1, 2001 23:19
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Précautions préliminaires à l'usage des malcomprenants.

A Jean Peuplu et sa petite famille: La petite réflexion qui suit s'adresse surtout à Jean-Pierre Voyer. Pourquoi alors, me diriez vous, utiliser cet espace public ? Parce que le site de Voyer n'a pas de forum et parce que je n'aime pas le principe du mail privé. Le mail privé a un côté chantage affectif (suivez mon regard) que l'expression publique en cercle restreint n'a pas: Si j'utilise le mail de Jean Pierre Voyer pour lui envoyer ceci, ce serait trop gentillement l'obliger à une réponse (ou à défaut à ce qui pourrait être considéré comme le mépris d'une non-réponse); tandis que la structure inhérente à ce genre de média, celle des espaces publics comme ce forum ou feu le Debordof permet une véritable liberté de réponse: lira qui pourra, répondra qui voudra.

S'il vous plait de penser que mon intervention ici est également le produit de mon égo démesuré de pauvre (car c'est bien le manque de mesure qui vous gêne, n'est ce pas?), cette forme d'exhibitionisme maladroit et déplacé qui semble tant vous déranger, sachez que j'assume bien volontiers ce prétendu état de fait, je ne vois pas pourquoi je ne pourrais pas dire ici exactement ce qu'il me plait de dire, et dans les termes qui me plaisent pour le dire, et ce sans plus de gêne que vous ou que le premier vignale venu.


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"[...]L'immonde positivisme kantien ou matérialiste suppose que la matière de la connaissance existe comme un monde tout à fait achevé, en dehors de la pensée, de la connaissance, de l'histoire, et que celles-ci n'ont plus en quelque sorte qu'à en prendre livraison. On reconnaît là tout de suite le point de vue d'épicier de la théorie dominante. La théorie dominante est poujadiste, c'est bien de la kleine Krämerei. Dans quel but d'ailleurs devrait-on prendre livraison de cette matière de la connaissance ? Pour en jouir tranquillement grâce à la retraite à 60 ans ? Quel ennui dans un tel monde ! Le lecteur reconnaît au premier coup d'oeil le monde tel que doivent maintenant le subir les pauvres, et voit donc d'où provient cette conception et dans quel but. Pour l'immonde point de vue contemplatif du positivisme matérialiste et kantien, la réalité est antérieure à l'histoire et indépendante de l'histoire et donc aussi bien de la pensée. Or la réalité n'est pas le commencement de l'histoire mais son but. A quoi bon l'histoire d'ailleurs si la réalité était son commencement. Autant rester couché, ce que, pour de tout autres raisons, de plus en plus de travailleurs se résolvent à faire.[...]"

Jean Pierre Voyer, Révélations sur le principe du monde.


Tout comme le malin génie évoqué par Descartes se révèle être, bien que simple hypothèse, une condition de possibilité sans laquelle la certitude solipciste n'est plus fondée, le Noumène transcendantal de Kant (qu'Heiddeger ce sournois génial, aime à nommer "être") n'a pas besoin d'exister ou d'être pour nous, ici et maintenant dans notre perception et entendement des phénomènes, pour être invoqué comme nécessaire dans l'établissement d'une topique des facultés cognitives. Kant renverse ainsi la conception de la caverne de Platon: La perception humaine n'est plus dans l'ombre des réalités extérieures, c'est la perception humaine sur les phénomènes, réalité tangible, qui fantasme sur une réalité fondatrice mais néanmoins inaccessible et invérifiable (si ce n'est peut être par la foi): le Noumène, objet transcendantal comme produit de notre intellect qui n'a nul besoin d'être réel pour être invoqué comme nécessaire dans un discours sur la méthode comme celui de Kant. Le Réel n'est donc pas une marchandise et ne pourra donc pas être livré tel quel à notre connaissance: seuls nos propres phénomènes peuvent être les objets de notre connaissance.

La méthode kantienne, véritable "état des lieux" de la pensée philosophique antérieure, peut se comparer au travail de l'ethnographe, qui ne consiste pas à déterminer si la matière conceptuelle collectée et classée sera exploitable ou pas pour des conclusions futures mais, avouant sa propre incomplétude, reste modestement en attente d'un sens issu d'un travail ultérieur sur cette collection de matière à (et de manières de) penser. A la différence notable que l'ethnographe cède généralement à cet utilitarisme toujours en vogue en sciences sociales, il croit pouvoir stocker de la marchandise pure alors que le philosophe sait bien que sa collecte même est déjà en elle même interprétation.

On peut alors traiter le prudent Kant de lâche, de poltron, d'insulaire, d'archiviste, d'obscur bibliothécaire, d'inspecteur de travaux finis sur querelles métaphysiques, de préchi-précheur voire de funeste araignée (quel compliment!) Quoi qu'il en soit la pensée kantienne n'est pas cette marchandise universitaire triomphante et fonctionnelle qui serait livrée pour l'établissement d'une morale matérialiste dominante. Kant est certes un moraliste mais n'oublions pas qu'il est également farouchement anticonformiste et individualiste, de plus contrairement à Hegel, Kant se refuse encore à monter le fougeux cheval blanc spéculatif et projectif de cette métaphysique future qu'il appelle pourtant de tous ses voeux.


M.W.

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"[...]Quant à la réalité des choses, c'est à dire à la chosité des choses, c'est une autre question. Il ne faut pas oublier que réalité signifie exactement chosité. La proposition "Je suis conscient que je suis conscient" ou "je sais que je suis conscient" est un non sens sauf si vous l'entendez au sens d'une propriété, que vous voulez dire par exemple que vous n'êtes pas évanoui. L'être du phénomène est justement de ne pas en avoir ou encore l'être de l'apparition est l'apparence. Sinon, le phénomène serait une chose, or il n'est pas une chose, il n'est aucune chose. Et le supra sensible n'est pas le prétendu intérieur de la chose, le prétendu fond des choses comme le dit Hegel contre Kant, mais le phénomène lui-même. Le phénomène n'a pas d'intérieur. Il est l'intérieur même, le seul intérieur possible. Cela ruine sans remède la tentative de Husserl. Husserl ne voulait rien faire d'autre que voir la vision. Chose impossible. La vision n'est pas visible. La pensée n'est pas pensable. Les paysages sont beaux parce qu'ils sont publics.[...]"

Jean Pierre Voyer, sur son site

Je suis d'accord, mais j'ai bien peur que Kant lui même ne dise, en d'autres mots, un peu la même chose:

"Le concept d'un noumène, c'est-à-dire d'une chose qui doit être conçue non comme objet des sens, mais comme une chose en soi, n'est pas du tout contradictoire, car on ne peut affirmer de la sensibilité qu'elle soit le seul mode possible d'intuition. En outre, ce concept est nécessaire pour qu'on n'étende pas l'intuition sensible jusqu'aux choses en soi, et par conséquent, pour qu'on limite la valeur objective à la connaissance sensible (car les autres connaissances où n'atteint pas cette valeur objective, on les nomme précisément noumènes, afin de montrer par là que cette espèce de connaissances ne peut pas étendre son domaine au-delà de ce que pense l'entendement). En définitive, il n'est pas possible d'apercevoir la possibilité de tels noumènes, et, en dehors de la sphère des phénomènes, il n'y a qu'une étendue vide (pour nous), c'est-à-dire que nous avons un entendement qui s'étend problématiquement plus loin que cette sphère, mais que nous n'avons pas d'intuition, ni même de concept d'une intuition possible, qui puisse nous donner des objets en dehors du champ de la sensibilité et permettre à l'entendement d'être employé assertoriquement au-delà de la sensibilité. Le concept d'un noumène est donc simplement un concept limitatif qui a pour but de restreindre les prétentions de la sensibilité, et qui n'est donc que d'un usage négatif. Il n'est pourtant pas une fiction arbitraire, et il se rattache au contraire à la limitation de la sensibilité, sans toutefois pouvoir établir quelque chose de positif en-dehors du champ de la sensibilité."

Emmanuel Kant, Critique de la raison pure.

    • no comprendoMLB, Tue Sep 2 04:35
      Kant? Qui a volé la pensée? Qui a cru qu'elle était dûe? Si c'est pas Kant, ce forestier, ce n'est pas moi non plus.
    • Tout ça, c'est rien que des conneries. Kant n'était qu'un pauvre mec qui se branlait comme tout le monde.Il tassait sa bite dans divers coins, et jamais des vraies chattes, seulement des pauvres... more
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