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Zarayan
La cuisine française
Wed Mar 24, 2004 21:54
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A peine avais-je posté mon délicat message sur le forum, que la réplique de Madame Brissaud déchiquetait illico mes paragraphes incertains! Je pris en quelques lignes une bonne leçon de sagesse, de cuisine, et de philosophie. Mais je ne renonce pas.
Aujourd'hui, pour la venue de la tante de Lisa -une blonde à forte poitrine- j'ai sorti boudins fermiers, pieds de porc, et une belle pièce de rôti. Le tout provenant du cochon de 157kg assassiné sur notre ordre en novembre 2003. Moi qui ne bois plus que du blanc, je dois admettre que ça ne va pas avec le cochon. Et mes rouges sont minables: Fitou, côte du Rhône, saint-chinian, ah si, j'ai peut-être un haut-médoc, mais d'une année médiocre. Il est loin le temps où, chez mon ex (alcoolique), je m'étais concocté une petite cave de parvenu. A l'époque, l'âge d'or de Canal+, je gagnais en une semaine de travail peinard ce que Sophie Brissaud met 6 mois à gagner en suant… Donc je me mis en tête de découvrir le vin. Le responsable du rayon pinard d'Auchan Bagnolet, un petit gars du sud-ouest finement pété en permanence (les yeux brillants, l'élocution dérapante), me refilait des plans d'enfer. Du clos des capucins de chez Louis Max, un chateau Soutard 90 à tomber à la renverse, des Rieussec bien velus… Je goûtais à tout, comparais, apprenais à renifler le liquide rougeâtre, mais jamais je ne me fis au vocabulaire des oenologues. J'ai pourtant tout fait pour l'apprendre, lisant guide sur guide, brochure sur brochure. Et puis un jour je me suis dis merde, tu vas décrire ces vins avec tes mots. Décomplexé, j'arrivais à bien sentir un pinard, à ma façon. Celui-là est plutôt rocailleux, il pue la vieille chèvre, mais sans oublier cette coulée de miel… Ma femelle de l'époque avait appris la cuisine dans la pauvreté et le dénuement, au milieu de personne dans la pampa paraguayenne. Il faut dire qu'elle était issue d'une famille très bourgeoise, avec un papa qui emmenait ses filles dans les plus grands restos, dès qu'elles surent manger avec une fourchette. Donc en gros elle avait choisi la pauvreté, par amour pour un voyou, et elle avait dû apprendre à cuisiner deux patates avec trois bouts de cochon. L'association fonctionnait bien: je m'occupais des verres, elle des assiettes. On invitait des gens de toutes sortes, contents d'avoir assez de fric pour arroser les potes. Bien sûr, dans le tas, on a invité un tas de cons, c'est statistique. Mais c'est pas grave, sur le moment, à table, autour d'une cassolette de fruits de mer et d'un grand sauternes, on oublie la connerie des gens, et la nôtre aussi. En y repensant, sans nostalgie, je me souviens du bouquin de ce gros porc d'Henry Miller, avec son resto-bar à NY, dans les années 30. Ou 20. En fait, je m'en rends compte 10 ans après, qu'on avait ouvert un restaurant… gratuit! Une bonne oeuvre, la soupe populaire mais avec du gigot fondu à la place de la soupe! Et des sacrés pinards!

  • Re: La nourritureSophie, Sat Feb 7 17:22
    Bonjour Zarayan ! C'est vrai que les Français ont élevé les pulsions premières au niveau de l'art, ce qu'ils n'ont pas été les seuls à faire (cf. cuisines de l'Inde, de la Chine, de la Perse, du... more
    • La cuisine française — Zarayan, Wed Mar 24 21:54
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