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Tomás IP 200
Manuel de chasse au mystificateur
Tue Aug 27, 2002 16:59
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COMMENT RECONNAITRE UN MYSTIFICATEUR

Face à l'abondance d'informations contradictoires sur tous les aspects de la vie, le lecteur moyen, tant que cette abondance n'aura pas noyée sa capacité de penser, doit se poser plusieurs fois par jour la question de comment distinguer le vrai de la pacotille. J'ai donc dévéloppée une méthode simple pour reconnaître un mystificateur. Cette méthode a l'avantage scientifique et esthétique de pouvoir être appliquée par n'importe qui à n'importe qui ou quoi.

Voyons. Est un mystificateur:

    1. Tout celui qui n'explicite pas ses filiations et se présente comme nouveauté absolue sans histoire et sans généalogie, ou comme négation ou dépassement de tout ce qui le précèdeç mais qui, en même temps, laisse entendre toutes les filiations possibles, pour être en mésure d'avoir du plus gran nombre une réconnaissance qui ne l'engage à rien.

    2. Tout celui qui plante dans ses énnoncés des allusions à des théories scientifiques qui ne sont pas connues à fond par le public, mais qui sont facilement identifiables par quelques mots-clé. Et qui n'ont d'autre fonction que celle de faire savant et "moderne".
    Exemple : parler de "quanta" dans un texte sur l'histoire.

    3. Tout celui qui confond le sens des mots et utilise un ou plusieurs sens du même mot dans des contextes différents comme s'il s'agissait du même concept.
    Exemple : le mot "fin" et ses trois sens principaux. On peut dire par exemple qu'un procédé n'est pas "fin", pour dire qu'il manque de subtilité. Ou alors on peut dire que tout a une fin et que cela entraîne toute une légion de conséquences miraculeuses dans la vie de chacun et pour l'histoire universelle; et que réconnaître le fait que tout a une fin engage toute la vie de celui qui le réconnaît. Si par là je veux dire que tout a un bout, une limite dans l'espace et dans le temps, personne de sensé pourra me contredire, et cela ne m'engage à absolument rien -- ce n'est qu'un lieu-commun. Mais si par là quelqu'un veut dire que tout a un but, une finalité, que toute chose s'achémine vers son telos, son état de teleios, je dois dire que non, que toute chose n'a pas de fin, et que par exemple la chose sur laquelle le monde s'appuie, la marchendise, n'a d'autre but que soi-même, ou que son vrai but est d'être infiniment en-déçà de sa finalité annoncée, la satisfaction, parce-qu'une marchandise qui satisfait serait une marchandise finie, une marchandise qui ne se vend plus et que donc n'est plus une marchandise. Elle aura atteint son bout, et tout ce qui arrive à son bout n'a plus de but. Et je dois dire aussi que l'histoire n'aura pas de fin, but, tant qu'elle sera l'histoire des choses, sommeil de la raison, absence de but. Et encore que ma fin, mon but, est d'arriver à la fin, le bout, de l'histoire des choses, de l'histoire sans but. Et des monstres qu'elle engendre.

    Corollairement, on doit dire qu'est un mystificateur tout celui qui s'engage et oblige les autres à des discussions interminables sur le sens des mots, ou sur la fin de tout, sans expliciter clairement de quel sens, ou de quelle fin, il s'agit.

    4. Tout celui qui réclame implicitement un certain héritage, une certaine tradition, et puis nie explicitement des concepts de base de cette même tradition sans fonder la négation.
    Exemple : se présenter au monde comme "téléologue", et donc implicitement comme étant inscrit dans la longue et féconde lignée des héritiers de Hegel, et puis laisser tomber dans une discussion, comme si rien n'était, comme un acquis, que la dialéctique ne sert à rien.

    5. Tout celui qui se sert, à propos de rien et sans nécessité réelle, de mots-clé de la "modernité" dont personne ne connaît trés bien le sens, mais qui tombent bien.
    Exemple : discuter sur la traduction du mot "aufheben"; utiliser les mots allemands "Weltaanschaung" ou "aufheben" au lieu de leurs correspondants dans la langue de qui parleç planter le mot "paradigme" à la place de modèle, exemple, patron; abuser du mot "épistémologique", surtout quand il suit le mot "coupure"; saupoudrer dans le texte les mots "signe", "signifié" et "signifiant", surtout quand ils ne signifient rien.

    6. Tout celui qui se sert d'une idée d'autrui sans en mentionner l'origine, mais aussi sans en révendiquer explicitement la paternité, au point de faire croire qu'il a eue l'idée tout seul. Et qui reste muet quand un épigone lui en attribue la paternité.
    Exemple : voyerisation, voyerisateur.

    7. Tout celui qui lance des accusations graves contre un adversaire sans se compromettre avec ce qu'il dit, en utilisant des formules laches comme "cela laisse supposer" ou "on ne peut que se poser la question" ou autres du même genre, également laches.
    Exemple : lisez Aide-mémoire à l'usage des innocents du coin et Nouvel aide-mémoire à l'usage des innocents

Etant vu le nombre de ces procédés mystificateurs qui s'appliquent directement aux téléos et étant vu que plusieurs d'eux ne peuvent être que le produit d'un effort délibéré et impliquent une profonde mauvaise foi, j'accuse ces messieurs formellement (je ne laisse pas supposer, je l'affirme) d'être des mystificateurs conscients, avec toutes les conséquences que cela entraîne.

La saison de chasse au téléo finit ici. Ils sont tous morts. Je retourne à mon mode debordoff de traiter ces charognes.

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